Editorial

 

Ići među ljude...

« Aller parmi les gens... » Cette formule empruntée aux langages croate, serbe, bosnien ou monténégrin, peut résumer à elle seule l’élaboration d’une nouvelle édition de Rio Loco.

De Budapest à Bucarest, tout en décrivant un large cercle par le sud, nous nous sommes engagés cette année sur la route des Balkans. En nous arrêtant souvent.

2008 sera une édition forte. Les Balkans sont un espace, comme nous l’a dit Kusturica, « chaotique, sanglant et déstructuré ». On s’y exprime dans l’outrance, le pathétique, l’émotion, mais aussi dans la jubilation, la fête jusqu’à tomber, jusqu’à faire sortir les poissons de l’eau, comme on dit en Bulgarie. Les Balkans sont illogiques et imprévisibles.

De ces pays qui d’une multitude d’identités et de paradoxes forment une aire culturelle unique, de ce bouillonnement artistique qui sans oublier ses racines évolue et se renouvelle, nous avons ramené une programmation riche et surprenante.

Pour Rio Loco, dans une même ville, un même temps, ces univers forts seront déployés, résonnant les uns avec les autres. Chacun sera libre d’inventer son propre parcours de spectateur, de faire dialoguer les oeuvres, de partager ses expériences. Ainsi traversé par cette aventure, son regard sur le monde et sa manière de l'habiter pourront être transformés.

C'est cette connexion essentielle entre deux cultures que le festival s'attache à mettre en scène. Pour cela Rio Loco convie des artistes d’ailleurs et d’ici à rencontrer des publics d’ici et d’ailleurs, dans un aller-retour permanent entre deux mondes. Ainsi les rencontres entre artistes invités et artistes français, les confrontations de styles, les mélanges a priori inextricables... ce ne sont plus les sociétés de production et les programmateurs de tournées qui font le festival.

Composite et cosmopolite, Rio Loco se veut un festival d’invention plus qu’un festival de diffusion, un festival qui dialogue avec des artistes et avec des publics, un festival pour les curieux.

Au coeur du festival, autour du festival, sur la Prairie de Filtres comme dans toute la ville, engageons-nous sur la route des Balkans, dans ces régions où la musique sort du ventre pour toucher au coeur. Où l’art délivre, après des siècles de troubles et d’asservissements, un grand parfum de liberté.

 

Sretan put* !

Christine Tillie

Direction générale & artistique

*Bon voyage !